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Stéphane Cabrol : "Redonner une vie et un esprit de famille au CMVB"

Elu président du CMVB en juin dernier, Stéphane Cabrol (44 ans, DRH externe) a un projet ambitieux pour un club qui mise sur la formation et son équipe seniors féminines pour retrouver le très haut niveau. Et fédérer les énergies

Vous êtes le nouveau président du CMVB depuis juin dernier. Pourquoi avoir décidé de se lancer dans cette aventure ?

C’est une grosse bêtise ! C’est surtout l’histoire d’une rencontre et d’une espèce de réminiscence du passé. J’ai mis mon « petitou » Ange, qui a 5 ans, au baby-volley. Et quand je suis rentré dans la salle du Cosec de Lameilhé, il y a tout qui est remonté : les odeurs, les sensations, les bruits de match, tout ce qui se passait quand l’équipe senior masculine était en Pro B, le chaudron que c’était, l’ambiance, les bandas, j’entendais tout quasiment… Et donc je me suis dit qu’il fallait relancer cette équipe.

Votre pari est de miser sur l’équipe senior féminine pour en faire la vitrine du club. Pourquoi ce choix ?

Quand je suis revenu au CMVB, j’ai revu à cette occasion l’ancien passeur Erik Arjona qui avait pour projet de travailler sur l’équipe des filles et de les amener un peu plus haut. De mon côté, je projetais plutôt de travailler sur les garçons. Mais j’ai vu que son projet tenait à peu près la route. Et puis je me suis dit qu’il fallait peut-être travailler sur un financement de cette équipe féminine par des sponsors féminins et essayer de faire un peu de buzz autour de tout ça. C’est parti juste d’un café, d’une histoire d’échanges qui a duré deux heures un après-midi. J’en ai ensuite parlé à mon meilleur pote, qui accessoirement est le parrain d’Ange que j’ai mis au volley. Il est journaliste sportif sur Agen, à ses débuts il couvrait quelques matchs de ce qui s’appelait le CVBC à l’époque. Il s’est proposé d’écrire un dossier de presse et de venir à la prochaine réunion avec Erik. Et c’est parti comme ça.

Quelles sont les grandes lignes de votre projet pour le club ?

C’est d’abord de redynamiser le CMVB après deux saisons perturbées par la crise sanitaire. L’objectif est d’essayer de redonner une vie et un esprit familial, convivial à ce club. Je l’ai connu, on faisait la fête tous ensemble, toutes les équipes réunies, tous les parents, tous les bénévoles. On faisait des fiestas, des soirées sans forcément de raison, juste pour le plaisir d’être ensemble. J’aimerais qu’on arrive à retrouver ce plaisir-là. Derrière, si en plus on peut y associer un projet sportif, c’est encore mieux. L’idée est d’arriver à fédérer à nouveau les jeunes et de redonner une seconde jeunesse à ce club, le ramener vers la convivialité, et peut-être vers le haut niveau comme on l’a connu à Castres dans les années 90. Cette fois, peut-être pas avec des garçons, mais avec des filles.

Justement, à quoi va ressembler cette équipe féminine qui va être la tête de proue de votre projet ?

Les filles, c’est désormais la vitrine du CMVB. Le visage de cette équipe est plutôt séduisant sur le papier. C’est une équipe qui avait déjà un socle solide avec un gros fond de jeu, à laquelle on a réussi à adjoindre cet été des filles qui ont joué au plus haut niveau, en Ligue A. Des joueuses comme Emeli Schaffer et Laura Wierre ont dépassé la trentaine et sont aujourd’hui sur une fin de carrière, mais elles souhaitent la finir en beauté et surtout ensemble. Si elles peuvent nous accompagner dans notre ascension et pourquoi pas sur la conquête d’un titre de champion de France, elles ne s’en priveront pas. Elles en ont envie, en tout cas, malgré tout ce qu’elles ont vécu. Le projet, c’est celui-là.

Votre ambition est donc d’aller chercher le titre de champion de France de N3F dès cette saison ?

L’ambition à court terme est effectivement d’aller chercher le titre. La montée en N2F, ça ne me suffit pas. La montée, c’est mécanique : on accède à l’échelon supérieur, très bien. Mais un titre, c’est différent : ça rajoute une ligne au palmarès du club. Et sur le CV des joueuses, je pense que c’est plus sympa d’avoir un titre de champion de France que juste une montée. Et sous sept ans, j’espère qu’on pourra accompagner nos filles jusqu’au plus haut niveau en France, c’est-à-dire en Ligue A. L’avenir nous dira si on a raison de faire ce pari.

Après trois mois de présidence, avez-vous l’impression que la machine est lancée à l’aube de cette nouvelle saison ?

La machine est lancée, oui. Mais il reste énormément de travail à faire. Les bénévoles sont là, on sent qu’il y a de l’envie de bien faire, et en même temps le poids des dernières saisons pèse aussi. Donc il faut redynamiser tout le monde, il y a encore beaucoup de travail à ce niveau. Mais je pense que toutes les bonnes volontés sont là. Et avec toutes ces bonnes volontés, on peut arriver à faire quelque chose. D’autant plus que les partenaires nous suivent dans notre aventure. Pour l’instant, je dois avouer que dans ma recherche de partenaires, je n’ai essuyé aucun refus. Donc ça veut dire que le projet séduit, qu’il convainc, et surtout qu’il y a de la place pour une équipe féminine au plus haut niveau dans notre département.

Pour conclure, le coup d’envoi de la saison sera donné le samedi 2 octobre à 20 h 30 au Cosec de Lameilhé avec le derby d’entrée contre Puygouzon. Êtes-vous impatient ?

Bien sûr que je suis impatient ! Je suis angoissé aussi. J’ai du stress, mais il est plutôt positif, c’est un bon stress. J’ai des doutes aussi, mais qui n’en aurait pas ? Il me tarde de voir jouer cette équipe, de la voir évoluer. De voir aussi si elle est capable de battre une équipe de Nationale 2 puisqu’il ne faut pas oublier que Puygouzon a demandé à descendre en Nationale 3. C’est une équipe d’un très haut niveau, peut-être la plus solide qu’on va affronter dans notre poule. J’espère bien qu’on va leur mettre 3-0 pour marquer notre territoire et ainsi impulser la dynamique de la saison à venir.

 

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